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En 2016, la mode et les critères de beauté ont beaucoup changé. Une nouvelle tendance fait des ravages chez les jeunes : le lifting du visage. Georges, un jeune diplômé récemment lifté, profite des vacances d'été pour s'intégrer aux "Chivers", une bande de caïds liftés à l'extrême. Blaise, un loser rejeté et ex ami d'enfance de Georges, aimerait lui aussi faire parti de la bande...
Le nouveau film de Quentin Dupieux aka Mr Oizo, ne fait pas l'hunanimité lors de sa sortie le 20 juin au cinéma. Entre critiques, plutot emballées par ce film loufoque et atypique avec un fond largement dénonciateur, et d'autres en majorité déçues part l'interprétation d'Eric et Ramzy mais aussi dénonçant son ambiance plate, et linéaire, Steak a pourtant derriere sa réalisation un atout majeur: celui d'emballer le public le plus aguerri, lentement.. tres lentement mais surement.
Ayant vu le film, il est vrai qu'aux premiers abords, le spectateur ne puisse pas réellement comprendre le réel but de Steak. Enchainement d'évènements, certes cohérents entre eux, mais où cela va-t-il nous conduire ? Cessez de vous demander cela, ça ne vous aidera pas.
Tout d'abord, le film debute par un plan sur un homme (militaire), conduisant une jeep sur un chemin en pleine forêt. Une fois le générique de debut finis, l'homme perd sa perruque a cause du vent. Une autre personne qui skatais par-là, trouve cette fameuse perruque par terre, et voit au loin la jeep du militaire retournées sur le bord de la route.
Il s'en approche, tente de rescaper le malheureux (mort surement) sous la voiture. Mais il trouve une mitraillette sur les lieux de l'accident. Subitement emballé par sa trouvaille, il continue sa route avec son skate. Cet homme-là c'est Ramzy.
Même en lisant le synopsis du film, on a tres peu d'éléments pouvant nous donner une perspective du film. Déjà, apres avoir vu le film il est clair et net que personne aurait pu dire que le film se passe en 2016.
Vint alors, Eric (Blaise) un poto d'enfance à George (Ramzy), qui le retrouve avec cette mitraillette, se l'acappare, fait joujou avec et, pour ne pas révéler les vraies circonstances dans le film, se fait surprendre par la police.
Ca y est l'histoire du film peu commencer, 7 ans plus tard, Blaise ressort d'un hopital psychiatrique.
En fait, Steak est un petite bombe a retardement. Comme écrit plus haut, cela ne sert a rien d'essayer de comprendre au début ce qui va se passer par la suite. Et encore moins d'essayer de trouver une corrélation entre "Steak" et l'histoire, là vous vous feriez du mal. Les évènements se déroulent tranquillement, on se situe peu à peu mieux, Blaise reconstruit sa vie, George semble "transformé" apres ces 7 ans, le décors prend forme, bref, on commence à réaliser.
Steak, ce film qui nous dévoile doucement son histoire, nous dénonce en réalité ces tendances aigues que peuvent adopter l'homme. La stigmatisation qui devient mode, l'élitisme poussé à l'extrême alimenté par le fric, la richesse, le pouvoir. Le lifting du visage, omniprésent dans le film, qui en réalité relie toutes ces tendances poussées. Tu es lifté, riche, tu as un pick-up, tu peux faire parti de l'élite qu'est le clan des Chivers. Amalgame, maelstrom de cette dénonciation qu'a voulu traiter Quentin Dupieux dans son film Steak, le clan des Chivers est l'image de cet individualisme, de ce foutage de gueule collectif que pourrait connaître l'homme plus tard. Un peu comme dans les 60's, une sorte de Grease moderne, mais sans les même mentalités, car en 2016, le pouvoir et l'argent te rendent égal aux autres.
Passons derriere les caméras. Qu'est-ce que c'est bon de voir ceci dans un générique de film. "Musique: Sebastien Tellier, Mr Oizo, SebastiAn", c'est pas tout les jours. On a ainsi droit a quelques minuscules exclues de ces trois artistes au fil du film. C'est plutot "cool" d'en voir un avec tant d'artistes de la scene electronique présent au grand écran. Mr Oizo qui nous offrent le plaisir de voir Sebastien Tellier (qui joue un homme handicapé), Sebastian Akchote aka SebastiAn qui joue le rôle du Chivers Felix, Vincent Belorgay aka Kavinsky de la bande des Daft Punk qui joue un autre Chivers, Dan, bref toute une petite troupe que Quentin Dupieux a rammener à Montréal pour faire le tournage de Steak. (qui debuta en Aout 2006)
Steak est donc selon moi un film de qualité, plus profond qu'il n'y parait. Il ne faut absolument pas se dire que si Eric et Ramzy sont dedans, on doit s'attendre à une continuité de gags hilarants. Non. Il est vrai qu'on a droit a quelques dialogues sympatiques entre ces deux comiques, mais il faut chercher plus loin pour comprendre la vraie richesse que possede ce film. Faire attention aux décors, aux figurants, aux fringues des acteurs, au dialogues, au plus d'élements possible quoi, et là vous verrez le vrai message que Quentin Dupieux a voulu nous communiquer. Qu'il n'en déplaise a certaines critiques affirmant que Quentin s'est converti "occasionnellement" en réalisateur pour faire Steak, ce qui est totalement faux, car la réalisation de films, de spots publicitaires, ainsi que de clips est une réelle passion pour Quentin Dupieux ayant réalisé entre autres un clip en 2001 pour Laurent Garnier, et un court-métrage peu connu avec Sebastien Tellier et Vincent Belorgay intitulé "Non film".
Pourquoi "Steak" comme titre?Quentin Dupieux: "Je voulais que l'histoire s'inscrive dans un contexte universel, pour rendre le propos du film plus large. Il ne s'agit pas d'une bande de mecs à Limoges, ni d'une bande de mecs à Las Vegas. C'est une bande de mecs partout. Je ne pouvais donc pas appeler ce film "Les Chivers à Saint Tropez". [...] Le mot Steak est partout sur la planète. Il évoque évidemment la viande, mais au-delà de ça, il n'évoque plus rien. Le mot est usé. On peut lui donner le sens que l'on souhaite. Ici ca veux dire "titre de film". (allociné)
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